Qui lit les commentaires des journaux généralistes, du Monde, de Liberation, qui s'y intéresse ? les publicitaires eux-mêmes que tout intéresse tant que tout sent la soupe, que peuvent-ils en
déduire de cette litanie de pauvre France, de tous dopés, de sarko facho, de cette parole de bistro pérorée comme en cours en Sorbonne, de cette mise en avant à hauteur même du texte
commenté.
Moins l'objet de ce qu'il commente est spécialisé, plus son imbécillité est plausible, indépendamment même du nombre, pas besoin d'être nombreux pour être idiot, mais ça peut aider.
et ces fières mentions maintenant valorisées dans le titre même de l'article, de 157 ou 213 commentaires.
Avec cette machine magnifique qui n'en finit de se produire en se mangeant : le commentaire noté.
Ou cela ne sert qu'à cela, qu'au nombre, qu'à la quantité : si bien des gens se sont énervés un après midi entier à se traiter de gauchistes, de bobos, de racistes c'est que cela doit en
valoir la peine, comme si la quantité de mouches nous indiquait la qualité de la bouse.
Quel volume représentent-ils par rapport au texte commenté? un journal entier de courrier des lecteurs.
Pourtant beaucoup de temps passé à lire des commentaires passionnants pour peu qu'on sache de quoi on parle ; mais qui veut mon avis sur l'Ossétie du sud, combien vaut-il ? Combien de montres à
100 smic laisse-t-il entendre que je peux acheter?
En ce cas le tort est-il de dire ce qu'on dit ou de laisser dire, pour rien.
Bien sûr les mécanismes de référencement et fréquentation jouent, bien sûr rien n'est jamais pour rien quand tout est gratuit.
Plutôt que nous énerver à froid lisons cette présentation stimulante d'
Olivier Ertzscheid sur l'industrie de la recommandation,
c'est là.